Ouvrages

Depuis 2014: 2 ouvrages personnels et 1 co-direction d’un volume scientifique collectif

Undimanche.jpgThomas Pillard, Tavernier – Un dimanche à la campagne

Ed. Atlande, coll. « Clefs concours cinéma » (dir. Jacqueline Nacache), 352 p.

Publié le 15 décembre 2015 dans le cadre de l’inscription du film au programme des Agrégations internes de Lettres.

Préface de Bertrand Tavernier: « Plaisir et fierté que de lire cette étude empreinte d’attention aux faits, qui réhabilite l’analyse sans jamais que le jugement en devienne empesé, alourdi. »

Résumé

Adapté de Monsieur Ladmiral va bientôt mourir (1945), “testament littéraire” du romancier et scénariste Pierre Bost, Un dimanche à la campagne occupe une position paradoxale dans la filmographie de Bertrand Tavernier. Reçu de façon globalement très positive à sa sortie en 1984, malgré quelques voix discordantes, le film a paradoxalement souvent été décrit comme un simple exercice de style, un “Tavernier en mode mineur” dénué de l’originalité et de l’ambition de Que la fête commence (1975) ou de Coup de torchon (1981).

Visant à dépasser cette vision réductrice, cet ouvrage s’efforce de restituer les complexités toujours actuelles d’une œuvre sans équivalent dans le paysage cinématographique des années 1980, en la replaçant dans son contexte d’émergence. Il se fonde sur l’étude des archives scénaristiques de Tavernier et adopte une approche pluridisciplinaire associant l’histoire du cinéma, l’histoire de l’art et l’historiographie de la France moderne de 1830 à nos jours. Articulant l’analyse filmique et la contextualisation socio-historique, il propose l’hypothèse qu’Un dimanche se présente à la fois comme une allégorie de la création artistique, comme une expérimentation concrète des puissances du cinéma, et comme une réflexion étendue sur le nouveau régime d’historicité issu des mutations du XIXe (dans une acception large du terme : jusqu’en 1914).

Revue de presse:

  • « Par un processus logique, Thomas Pillard est à la fois historien, analyste des tendances des arts, cinéphile, pour rendre compte de ce film qui fut mal reçu et mal compris. » (Nicolas Beniès, L’Université syndicaliste, n°758, janvier 2016)

Théorème23Laurent Creton, Kira Kitsopanidou et Thomas Pillard (dir.), Le Film français (1945-1958): rôles, fonctions et identités d’une revue corporative (Théorème, n°23)

Numéro de revue scientifique publié aux Presses Sorbonne Nouvelle le 15 mai 2015 dans le cadre du programme ANR Cinépop50, « Cinémas et cinéphilies dans la France d’après-guerre (1945-1958) »

Articles de J. Augros, E. Champomier, L. Creton, C. Forest, F. Gimello-Mesplomb, P. Laborderie, P. Legrand, G. Le Gras, K. Kitsopanidou, T.Pillard & G. Vernet.

Créée au lendemain de la Libération, la revue Le Film français se présente comme le « guide éclairé » de toutes les branches de l’industrie cinématographique. Principal relais des grands débats qui traversent alors le cinéma français, des Accords Blum-Byrnes à la « bataille de la qualité », et témoin privilégié des multiples évolutions que connaît le secteur dans l’après-guerre, elle offre à ses lecteurs quantité d’informations sur la filière qui lui valent d’être qualifiée de « bible du cinéma ». La revue ne se réduit pas pour autant au seul rôle de baromètre du secteur mais s’installe progressivement au cœur de l’industrie française du film, tel un « agent de liaison », prenant part à sa professionnalisation et à son institutionnalisation. En peu de temps, Le Film français devient à la fois porte-voix institutionnel auprès du CNC, chambre d’écho des nouvelles tendances économiques au sein de l’industrie et organe de défense des intérêts de ses principales parties prenantes, notamment les exploitants. Fruit d’une recherche pluridisciplinaire menée dans le cadre du programme ANR Cinépop50, cet ouvrage interroge les fonctions de cette revue corporative au sein d’une industrie en voie de modernisation, en la considérant à la fois comme une source et comme un objet d’étude à part entière : de sa création à 1958, quel a été le rôle du « Journal officiel du cinéma français » ?

Revue de presse

  • « Le Film français is the subject of this beautifully illustrated and carefully put together multi-authored book (…) The film-industrial viewpoint is a particularly neglected one, whose importance this very nicely focused book seeks to reassert. » (Martin O’Shaughnessy, French Studies)

OUVR1 - Couve Film noir

Thomas Pillard, Le Film noir français face aux bouleversements de la France d’après-guerre (1946-1960)

Ouvrage publié aux Editions Joseph K le 23 octobre 2014

Préface de Ginette Vincendeau, Professeure à King’s College: « Voilà donc un travail d’historien (…) Ce n’est pas une mince affaire que de s’attaquer à un territoire où les mythes, pour ne pas dire les lieux communs, ont la part belle et les zones d’ombre sont nombreuses. C’est une tâche dont l’auteur s’acquitte  grâce à un important travail d’archives et à une méthodologie novatrice. »

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Des Portes de la nuit (1946) à Touchez pas au grisbi (1954) en passant par La Môme vert-de-gris (1953), le film noir français d’après-guerre frappe par sa diversité, sa richesse et son originalité. Diversité des films et des récits : le pessimisme du «réalisme noir» contraste avec l’atmosphère ludique de la «série noire» parodique, elle-même très éloignée de l’univers interlope du «milieu» parisien dépeint dans le film de gangsters… Richesse des talents et des thèmes abordés: du tandem Carné/Prévert à Jacques Becker et Michel Audiard, via des stars comme Simone Signoret, Eddie Constantine ou Jean Gabin, le genre fait appel à des personnalités singulières pour explorer les anxiétés d’une France en mutation, marquée par la Seconde Guerre mondiale et confrontée à l’entrée dans la société de consommation. Singularité artistique et culturelle: loin d’être une simple copie du film noir américain, comme on l’a trop souvent suggéré, le film noir français constitue l’expression nationale d’une forme transnationale, et se distingue à ce titre de Hollywood. Pour évaluer la cohérence de ce genre instable, interroger ses enjeux identitaires et saisir les spécificités hexagonales du «noir», cet ouvrage propose, pour la première fois dans le champ académique, une analyse globale du film noir en France de 1946 à 1960.

Revue de presse:

  • « Une étude approfondie et scrupuleusement documentée » (Keith Reader, French Studies)
  • « Nourri d’un travail d’archives très fructueux, Le Film noir français propose des analyses fines et pertinentes d’oeuvres célèbres mais finalement assez peu étudiées. Thomas Pillard prolonge ainsi brillamment le sillon entamé par Jill Forbes, Ginette Vincendeau ou encore Susan Hayward. Ses qualités font de son ouvrage une contribution essentielle aux études sur le cinéma criminel français » (François Massonnat, Contemporary French Civilization)
  • « Thomas Pillard affiche une belle résolution, doublée d’une rare précision. Cela permet à cet ouvrage très dense de maintenir jusqu’au bout l’intérêt du lecteur » (Ariane Allard, Positif)
  • « Il convient tout de suite de souligner l’audace et le courage de Thomas Pillard qui s’est lancé dans une entreprise extrêmement complexe et ambitieuse. (…) Nous sommes bien devant un ouvrage imposant, dans tous les sens du terme, riche et touffu, mais d’une écriture serrée et toujours passionnante » (Achilleas Papakonstantis, Genre en séries)
  • « Difficile de rendre justice, par ce compte rendu, à une analyse exceptionnellement riche et détaillée »  (Thomas Fourquet, Nonfiction)
  • « Un travail édifiant » (Benoît Smith, Critikat)
  • « Un ouvrage de très grande qualité, passionnant d’un bout à l’autre » (Jean-Marie Lanlo, Cinéfilic)