Ouvrages

Depuis 2014: 3 ouvrages personnels et 3 co-directions de numéros de revue (dont 2 à comité de lecture)

Olivier Coquard, Bernard Franco, Olivier Frayssé, Bruno Péquignot, Thomas Pillard et Catherine Rudent (dir.), Temps Noir, n°22, « Les Tontons flingueurs« , Editions Joseph K,  352p

Numéro de revue publié en mai 2020, dans le prolongement du colloque organisé en Sorbonne fin 2018. Textes de F. Lhomeau, J. Montarnal, P. Palma, I. Vanderschelden, F. Gris, B. Franco, C. Rudent, B. Péquignot, X. Richet, Q. Le Pluard, J. Chapoutot, O. Frayssé, O. Coquard et T. Pillard

Ce numéro, qui fête à sa manière le centenaire de la naissance de Michel Audiard, propose, en première partie, une longue étude sur la préparation de ce film mythique, à partir de nombreuses archives inédites qui révèlent la façon dont le trio Audiard-Simonin- Lautner a conçu l’adaptation du roman noir Grisbi or not grisbi ainsi que les conditions mouvementées du tournage. Dans la seconde partie, une équipe de spécialistes dissèque, chacun dans son domaine, la spécificité des Tontons flingueurs en essayant de répondre aux questions qui concernent la place éminente et singulière que ce film occupe dans l’histoire de notre cinéma.

  • « Dans le genre, on ne fait pas mieux. Voici « Les Tontons Flingueurs », version anatomie comparée, corpus passé à la loupe, radiographie pointilleuse. Tout, dans ce superbe numéro de « Temps Noir », « la revue des littératures policières », est consacré au seul film régulièrement cité lors des dîners de copains, des banquets de mariage, des repas d’anciens combattants, des bouffes en famille, des déjeuners d’affaires, des agapes de francs-maçons, des casse-croûtes de chantier, des gueuletons de baptêmes, des festins d’inauguration, des soupers d’après-fêtes, des popotes de soldats, des ripailles de repris de justice et des repues de journalistes. » (Le Nouvel Observateur)

_couv QuaidesBrumesThomas Pillard, Le Quai des brumes de Marcel Carné

Ouvrage publié le 22 août 2019 aux Editions Vendémiaire, coll. « Contrechamp » (dir. Frank Lafond), 144 p.

Dans les rues embrumées du Havre industriel, Jean, déserteur de la Coloniale, erre en compagnie de son mal-être. Sa rencontre avec la belle Nelly, dans une cabane isolée aux allures de décor fantomatique, précipite son destin tragique. Adaptation d’un roman de Pierre Mac Orlan, témoin des angoisses de l’avant-guerre, classique du film noir, Le Quai des brumes, réalisé en 1938 par Marcel Carné et scénarisé par Jacques Prévert, est une oeuvre mythique du cinéma français. Un film à la beauté sombre et envoûtante, porté par des interprètes de légende : Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon et Pierre Brasseur.
En s’appuyant notamment sur une analyse inédite des différentes versions du scénario comme de la correspondance de Carné et Prévert, cet ouvrage apporte un nouvel éclairage sur la réalisation à flux tendu, la richesse et les complexités esthétiques, sociales et politiques de ce film au succès inattendu, qui troubla la censure autant qu’il divisa la critique.

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Revue de presse:

  • « the great merit of Pillard’s study is its positioning of Le Quai des brumes at the intersection of ‘culture de masse’ and ‘culture savante’. (…) Pillard’s intertextual frame of reference is broad and stimulating, spanning not only other French films of the time but the looming importance in the crisis-torn French society of the time of American gangster culture, anti-semitism and a pervasive crisis of masculinity which spares none of the main male characters. (…) This study deserves to be read by all those who study and teach this film » (Keith Reader, French Studies, janvier 2020).
  • « L’auteur est un connaisseur (…), très attaché à l’importance des acteurs, de leur jeu, il analyse la mise en scène mais aussi l’aspect sociétal, avec toute une partie sur la ville du Havre. Ce qui est aussi vraiment très intéressant est d’avoir eu accès à toutes les versions du scénario et à la correspondance de Carné-Prévert (….). Il faut lire ce livre si vous aimez Le Quai des brumes et même si vous ne l’aimez pas (…), l’angle choisi par Thomas Pillard, la façon dont il traite le film donne envie de le revoir, ce qui est déjà un beau compliment pour le livre » (Emission Culture Prohibée, produite et animée par les équipes des Films de la Gorgone et de Radio Graf’Hit, mercredi 11 décembre 2019)
  • « Des sources précisément lues, relues, découvertes, une connaissance experte du cinéma français des années 30, de ses sources allemandes et américaines, ainsi que de Mac Orlan, tout cela fait un livre qui pourrait être bourratif et ne l’est pas : aéré, intelligent, généreux, riche. » (Emmanuel Burdeau, journaliste et critique de cinéma, 20 octobre 2019)
  • « Il s’agit ici de voir tant dans quelles conditions on a pu arriver à tourner ce film, comment cette production a pu échapper aux pressions du producteur pour effectuer certaines coupes, que des caractéristiques du film, quelles sont les conséquences du choix de situer l’action au Havre, des idées du scénariste Jacques Prévert et du réalisateur Marcel Carné, de quelle réception a eu le film à sa sortie. Note: 5/5″ (Grégoire de Tours – Critique de livres d’Histoire, 27 septembre 2019)
  • « A lire absolument », « pour revisiter l’esthétique de ce film, la richesse et la complexité de cette histoire » (Stéphane Charbit, émission « Story Classique », OCS, 24 septembre 2019)
  • « Thomas Pillard nous offre au fil des pages l’aventure d’une œuvre hors norme. De ces films français de l’immédiate avant-guerre à l’indéfinissable saveur. Le Quai des brumes est un classique du cinéma français, mythique, qu’il faut redécouvrir en lisant cet ouvrage » (Pour le cinéma, 2020)

12088358_1482010702127653_7493658877676394805_nSébastien François & Thomas Pillard (dir.), Les écrits de la réception: pratiques textuelles des publics médiatiques (Genre en séries: cinéma, télévision, médias, n°7, Presses Universitaires de Bordeaux)

Numéro de revue scientifique publié le 30 juin 2018 et librement accessible en ligne. Textes de D. Chedaleux, J. Sandeau, L. Chance, J. Rose et H. Breda.

Comme le rappelait Marlène Coulomb-Gully en 2009, « le genre a longtemps été un point aveugle de l’analyse du discours » dans le champ académique français. Revenant cinq ans plus tard sur ce constat (Coulomb-Gully, 2014), l’auteure soulignait plusieurs avancées qui confirment la centralité et l’opérativité du genre dans les processus de communication, tout en appelant à utiliser « son extraordinaire potentiel explicatif » pour « développer les recherches sur les usages et les pratiques de réception » des publics. Une telle préoccupation a évidemment été centrale dans la création de Genre en séries : cinéma, télévision, médias et en particulier dans plusieurs articles accueillis en son sein (Ugur Tanriöver, 2015 ; Bertini, 2016 ; Olivesi, 2017), à la suite desquels s’inscrit donc le présent dossier. Cette septième livraison de la revue entend ainsi étudier les enjeux de genre qui traversent et constituent les réceptions médiatiques, en choisissant à dessein de s’intéresser aux pratiques textuelles qui accompagnent, poursuivent ou parfois anticipent ces dernières et que nous appellerons ici les « écrits de la réception ».


Undimanche.jpgThomas Pillard, Bertrand Tavernier – Un dimanche à la campagne

Ed. Atlande, coll. « Clefs concours cinéma » (dir. Jacqueline Nacache), 352 p.

Publié le 15 décembre 2015 dans le cadre de l’inscription du film au programme des Agrégations internes de Lettres.

Préface de Bertrand Tavernier: « Plaisir et fierté que de lire cette étude empreinte d’attention aux faits, qui réhabilite l’analyse sans jamais que le jugement en devienne empesé, alourdi. »

Résumé

Adapté de Monsieur Ladmiral va bientôt mourir (1945), “testament littéraire” du romancier et scénariste Pierre Bost, Un dimanche à la campagne occupe une position paradoxale dans la filmographie de Bertrand Tavernier. Reçu de façon globalement très positive à sa sortie en 1984, malgré quelques voix discordantes, le film a paradoxalement souvent été décrit comme un simple exercice de style, un “Tavernier en mode mineur” dénué de l’originalité et de l’ambition de Que la fête commence (1975) ou de Coup de torchon (1981).

Visant à dépasser cette vision réductrice, cet ouvrage s’efforce de restituer les complexités toujours actuelles d’une œuvre sans équivalent dans le paysage cinématographique des années 1980, en la replaçant dans son contexte d’émergence. Il se fonde sur l’étude des archives scénaristiques de Tavernier et adopte une approche pluridisciplinaire associant l’histoire du cinéma, l’histoire de l’art et l’historiographie de la France moderne de 1830 à nos jours. Articulant l’analyse filmique et la contextualisation socio-historique, il propose l’hypothèse qu’Un dimanche se présente à la fois comme une allégorie de la création artistique, comme une expérimentation concrète des puissances du cinéma, et comme une réflexion étendue sur le nouveau régime d’historicité issu des mutations du XIXe (dans une acception large du terme : jusqu’en 1914).

Revue de presse:

  • « Par un processus logique, Thomas Pillard est à la fois historien, analyste des tendances des arts, cinéphile, pour rendre compte de ce film qui fut mal reçu et mal compris. » (Nicolas Beniès, L’Université syndicaliste, n°758, janvier 2016)

Théorème23Laurent Creton, Kira Kitsopanidou et Thomas Pillard (dir.), Le Film français (1945-1958): rôles, fonctions et identités d’une revue corporative (Théorème, n°23)

Numéro de revue scientifique publié aux Presses Sorbonne Nouvelle le 15 mai 2015 dans le cadre du programme ANR Cinépop50, « Cinémas et cinéphilies dans la France d’après-guerre (1945-1958) »

Articles de J. Augros, E. Champomier, L. Creton, C. Forest, F. Gimello-Mesplomb, P. Laborderie, P. Legrand, G. Le Gras, K. Kitsopanidou, T.Pillard & G. Vernet.

Créée au lendemain de la Libération, la revue Le Film français se présente comme le « guide éclairé » de toutes les branches de l’industrie cinématographique. Principal relais des grands débats qui traversent alors le cinéma français, des Accords Blum-Byrnes à la « bataille de la qualité », et témoin privilégié des multiples évolutions que connaît le secteur dans l’après-guerre, elle offre à ses lecteurs quantité d’informations sur la filière qui lui valent d’être qualifiée de « bible du cinéma ». La revue ne se réduit pas pour autant au seul rôle de baromètre du secteur mais s’installe progressivement au cœur de l’industrie française du film, tel un « agent de liaison », prenant part à sa professionnalisation et à son institutionnalisation. En peu de temps, Le Film français devient à la fois porte-voix institutionnel auprès du CNC, chambre d’écho des nouvelles tendances économiques au sein de l’industrie et organe de défense des intérêts de ses principales parties prenantes, notamment les exploitants. Fruit d’une recherche pluridisciplinaire menée dans le cadre du programme ANR Cinépop50, cet ouvrage interroge les fonctions de cette revue corporative au sein d’une industrie en voie de modernisation, en la considérant à la fois comme une source et comme un objet d’étude à part entière : de sa création à 1958, quel a été le rôle du « Journal officiel du cinéma français » ?

Revue de presse

  • « Le Film français is the subject of this beautifully illustrated and carefully put together multi-authored book (…) The film-industrial viewpoint is a particularly neglected one, whose importance this very nicely focused book seeks to reassert. » (Martin O’Shaughnessy, French Studies)

OUVR1 - Couve Film noir

Thomas Pillard, Le Film noir français face aux bouleversements de la France d’après-guerre (1946-1960)

Ouvrage publié aux Editions Joseph K le 23 octobre 2014

Préface de Ginette Vincendeau, Professeure à King’s College: « Voilà donc un travail d’historien (…) Ce n’est pas une mince affaire que de s’attaquer à un territoire où les mythes, pour ne pas dire les lieux communs, ont la part belle et les zones d’ombre sont nombreuses. C’est une tâche dont l’auteur s’acquitte  grâce à un important travail d’archives et à une méthodologie novatrice. »

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Des Portes de la nuit (1946) à Touchez pas au grisbi (1954) en passant par La Môme vert-de-gris (1953), le film noir français d’après-guerre frappe par sa diversité, sa richesse et son originalité. Diversité des films et des récits : le pessimisme du «réalisme noir» contraste avec l’atmosphère ludique de la «série noire» parodique, elle-même très éloignée de l’univers interlope du «milieu» parisien dépeint dans le film de gangsters… Richesse des talents et des thèmes abordés: du tandem Carné/Prévert à Jacques Becker et Michel Audiard, via des stars comme Simone Signoret, Eddie Constantine ou Jean Gabin, le genre fait appel à des personnalités singulières pour explorer les anxiétés d’une France en mutation, marquée par la Seconde Guerre mondiale et confrontée à l’entrée dans la société de consommation. Singularité artistique et culturelle: loin d’être une simple copie du film noir américain, comme on l’a trop souvent suggéré, le film noir français constitue l’expression nationale d’une forme transnationale, et se distingue à ce titre de Hollywood. Pour évaluer la cohérence de ce genre instable, interroger ses enjeux identitaires et saisir les spécificités hexagonales du «noir», cet ouvrage propose, pour la première fois dans le champ académique, une analyse globale du film noir en France de 1946 à 1960.

Revue de presse:

  • « Une étude approfondie et scrupuleusement documentée » (Keith Reader, French Studies)
  • « Nourri d’un travail d’archives très fructueux, Le Film noir français propose des analyses fines et pertinentes d’oeuvres célèbres mais finalement assez peu étudiées. Thomas Pillard prolonge ainsi brillamment le sillon entamé par Jill Forbes, Ginette Vincendeau ou encore Susan Hayward. Ses qualités font de son ouvrage une contribution essentielle aux études sur le cinéma criminel français » (François Massonnat, Contemporary French Civilization)
  • « Thomas Pillard affiche une belle résolution, doublée d’une rare précision. Cela permet à cet ouvrage très dense de maintenir jusqu’au bout l’intérêt du lecteur » (Ariane Allard, Positif)
  • « Il convient tout de suite de souligner l’audace et le courage de Thomas Pillard qui s’est lancé dans une entreprise extrêmement complexe et ambitieuse. (…) Nous sommes bien devant un ouvrage imposant, dans tous les sens du terme, riche et touffu, mais d’une écriture serrée et toujours passionnante » (Achilleas Papakonstantis, Genre en séries)
  • « Difficile de rendre justice, par ce compte rendu, à une analyse exceptionnellement riche et détaillée »  (Thomas Fourquet, Nonfiction)
  • « Un travail édifiant » (Benoît Smith, Critikat)
  • « Un ouvrage de très grande qualité, passionnant d’un bout à l’autre » (Jean-Marie Lanlo, Cinéfilic)