Journée d’études « Dans l’intimité des publics »

IRCAV-JE-DansinitimitepublicsBAT.inddJournée d’études « Dans l’intimité des publics: appropriations et usages personnels des images audiovisuelles », organisée avec Delphine Chedaleux et Myriam Juan

Le jeudi 6 octobre 2016, 9h-18h, à la Maison de la Recherche (Salle Athéna), 4 rue des Irlandais, 75005 Paris

Depuis les années 1990 et 2000, des travaux importants, issus d’horizons disciplinaires divers, ont contribué à revisiter l’histoire du cinéma et de la télévision en mettant l’accent sur l’expertise des spectateurs/trices et sur la participation active des publics cinématographiques et audiovisuels. Ces différentes approches ont joué un rôle central dans le développement actuel des études de réception, permettant à la recherche française de commencer à combler le retard sensible pris sur les travaux universitaires anglo-américains dans l’analyse des cultures fan, des jugements amateurs et des expériences spectatorielles ordinaires. À l’heure où les pratiques sociales liées aux écrans sont reconfigurées au sein de la « culture de la convergence », attestant d’une intimité toujours plus forte entre les publics et les images animées, il demeure pourtant peu fréquent d’interroger les usages personnels et les appropriations individuelles de ces images, en plaçant les spectateurs/trices au centre du questionnement analytique. Cette journée d’études vise précisément à adopter une telle démarche et à tracer les contours d’un vaste champ de recherche transmédiatique, du cinéma muet à l’ère du web « 2.0 ». Dans une perspective pluridisciplinaire, il s’agira d’une part de produire des savoirs inédits sur les appropriations intimes des productions audiovisuelles, les émotions qu’elles suscitent ainsi que leurs rôles dans la formation et les évolutions des identités sociales, d’autre part de problématiser les méthodes d’enquêtes (entretien, observation participante, questionnaire) et l’utilisation de nouvelles sources.

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Parution: Raisons politiques (n°62)

RAI_062_L204Article sur « Politiques de la cinéphilie: la parole féminine dans les magazines populaires des années 1950″, dans Keivan Djavadzadeh et Pierre Raboud (dir.), Raisons politiques – revue de théorie politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2016/2, n°62, p. 67-81

Analyser la culture populaire implique de s’intéresser aux rapports que ses usagers entretiennent avec les objets que les industries culturelles produisent et diffusent à leur attention. Dans cette perspective, nous examinerons la réception féminine du cinéma de consommation courante dans les années 1950, à partir d’une analyse du courrier des lecteurs du périodique Le Film complet, un magazine populaire principalement lu par des femmes. Il s’agira de montrer l’essor durant cette période d’une « cinéphilie au féminin » se caractérisant par des dynamiques contre-hégémoniques élaborées en réaction à l’élitisme de la cinéphilie savante, au masculinisme de la production cinématographique ainsi qu’à l’organisation masculine et patriarcale de la société dans son ensemble.

Parution: Tavernier – Un dimanche à la campagne

Undimanche.jpgOuvrage sur Un dimanche à la campagne (Bertrand Tavernier, 1984) publié dans le cadre de l’inscription de ce film au programme des Agrégations internes de Lettres.

Editions Atlande, collection « Clefs concours cinéma ».

Préface de Bertrand Tavernier ; 352 pages.

Résumé :

Adapté de Monsieur Ladmiral va bientôt mourir (1945), “testament littéraire” du romancier et scénariste Pierre Bost, Un dimanche à la campagne occupe une position paradoxale dans la filmographie de Bertrand Tavernier. Reçu de façon globalement très positive à sa sortie en 1984, malgré quelques voix discordantes, le film a paradoxalement souvent été décrit comme un simple exercice de style, un “Tavernier en mode mineur” dénué de l’originalité et de l’ambition de Que la fête commence (1975) ou de Coup de torchon (1981).

Visant à dépasser cette vision réductrice, cet ouvrage s’efforce de restituer les complexités toujours actuelles d’une œuvre sans équivalent dans le paysage cinématographique des années 1980, en la replaçant dans son contexte d’émergence. Il se fonde sur l’étude des archives scénaristiques de Tavernier et adopte une approche pluridisciplinaire associant l’histoire du cinéma, l’histoire de l’art et l’historiographie de la France moderne de 1830 à nos jours. Articulant l’analyse filmique et la contextualisation socio-historique, il propose l’hypothèse qu’Un dimanche se présente à la fois comme une réflexion allégorique sur la création artistique, comme une expérimentation concrète des puissances du cinéma, et comme une réflexion étendue sur le nouveau régime d’historicité issu des mutations du XIXe (dans une acception large du terme : jusqu’en 1914). Dans cette perspective, il déploie un parcours analytique en trois temps. “De l’écrit à l’écran : la fabrique de l’adaptation”, la première partie met en rapport l’œuvre source et l’œuvre seconde, afin d’identifier de quelles façons celle-ci a réélaboré l’esprit, la visée et la portée du roman de Bost, entre restructuration du sens et amplification de l’émotion. Portant sur “L’art et la manière : la petite musique de Tavernier”, la seconde partie remet en cause l’idée que le film serait dénué d’enjeux narratifs et offrirait un “pastiche impressionniste”, en s’intéressant à sa narration lyrique et à son style à contre-courant. Intitulée “D’une fin de siècle à une autre : explorer la discordance des temps”, la dernière partie se risque à analyser la double ambition historiographique de l’œuvre : filmer le passé en tant que présent, penser le présent au miroir du passé. La conclusion interrogera la façon dont Un dimanche mêle l’art, le cinéma et l’Histoire pour ouvrir de larges fenêtres sur la “Terre Promise” de l’imaginaire.Un dimanche à la campagne

Le film noir français: recensions

0001Principales recensions de l’ouvrage Le Film noir français face aux bouleversements de la France d’après-guerre (1946-1960) dans les médias, depuis sa parution en novembre 2014:

  • Michel Ciment, Emission « Projections Privées », France Culture, 27 décembre 2014    

« Un ouvrage remarquable »         

  • Benoît Smith, revue Critikat, décembre 2014

« Un travail édifiant »

  • Jean-Marie Lanlo, Blog Cinéfilic, février 2015

« Un ouvrage de très grande qualité, passionnant d’un bout à l’autre »    

  • Ariane Allard, revue Positif, juin 2015

« Thomas Pillard affiche une belle résolution, doublée d’une rare précision. Cela permet à cet ouvrage très dense de maintenir jusqu’au bout l’intérêt du lecteur »

  • Keith Reader, revue universitaire anglaise French Studies, vol. 69, n°4, août 2015

« Une étude approfondie et scrupuleusement documentée »

  • Achilleas Papakonstantis, revue universitaire Genre en séries, n°2, automne 2015

« ll convient de souligner l’audace et le courage de Thomas Pillard qui s’est lancé dans une entreprise extrêmement complexe et ambitieuse. (…) Nous sommes bien devant un ouvrage imposant, dans tous les sens du terme, riche et touffu, mais d’une écriture serrée et toujours passionnante »

  • Thomas Fourquet, revue Nonfiction, décembre 2015

« Difficile de rendre justice, par ce compte rendu, à une analyse exceptionnellement riche et détaillée, parfois aride comme peuvent l’être les travaux universitaires mais pour le moins stimulante. Utilisant de nombreuses entrées théoriques fournies notamment par les star studies et les gender studies, l’auteur a construit un cadre d’interprétation à la fois fort et subtil, fondé sur une connaissance intime de son objet »

Colloque « L’Age des stars: des images à l’épreuve du vieillissement »

image-0001Communication sur « Jack Nicholson et les ‘comédies du vieillissement’ (1997-2010) : que devient le ‘mâle américain moderne’ après 60 ans? », Colloque international « L’âge des stars: des images à l’épreuve du vieillissement », Université Bordeaux Montaigne, 6-7 juillet 2015

Devenu une star à l’âge de 32 ans grâce à Easy Rider en 1969, Jack Nicholson a toujours été associé à une image de jeunesse et de vitalité (Peberdy 2013) ainsi qu’aux valeurs de rébellion et de modernité attachées à la contre-culture.
Cette communication interrogera le « devenir vieux » d’une persona souvent décrite comme immuable, en s’intéressant à un ensemble de films réalisés entre 1997 et 2010, qui marquent une double rupture dans sa filmographie : d’une part, Nicholson a brusquement choisi au tournant des années 2000 de privilégier la comédie au détriment du drame ; d’autre part, cette réorientation générique a été progressivement mise à profit par l’acteur pour se regarder vieillir, quoique de manière diversement affirmée, parfois biaisée et toujours ambivalente.
Pour comprendre les enjeux de ces « comédies du vieillissement », nous analyserons la reconfiguration de l’image de la star qu’elles proposent, en la mettant en rapport avec l’évolution de la médiatisation de sa personnalité publique via une étude des discours tenus sur Nicholson dans la presse américaine. En particulier, on s’intéressera aux incidences de la métamorphose de « Jack » en tant que star/personnage subitement confronté à sa vieillesse, sur les trois aspects fondateurs de sa persona : la masculinité, l’américanité et la modernité. Que devient « le mâle américain moderne » (McDougal 2008) après 60 ans ?8443144373_ddd0653a25_b

Parution: Cinémas et cinéphilies populaires dans la France d’après-guerre

image-0001Chapitre d’ouvrage collectif sur « Le courrier des lecteurs du Film complet (1949-1958) : un outil pour évaluer les réceptions genrées des genres », dans Gwénaëlle Le Gras & Geneviève Sellier (dir.), Cinémas et cinéphilies populaires dans la France d’après-guerre (1945-1958), Paris, Nouveau Monde, juin 2015.

Si plusieurs travaux ont récemment mis en évidence l’importance des genres dans le cinéma français d’après-guerre, la question de savoir comment ces représentations ont été perçues par les spectateurs et spectatrices contemporain-e-s demeure un chantier encore embryonnaire. Cet article vise à apporter une contribution à l’étude de ce domaine encore peu exploré, à travers une analyse des discours tenus par les lecteurs et lectrices d’un magazine de cinéma à fort tirage, Le Film complet, sur deux genres marquants de l’après-guerre, que l’on associe communément à deux types de publics différents : la comédie (généralement décrite comme un genre mixte plaisant à l’ensemble du public) et le film noir (traditionnellement perçu comme un genre préféré par les hommes). En quoi le courrier des lecteurs de ce magazine peut-il constituer un outil pour évaluer les réceptions genrées des genres ?

Parution: Théorème, n°23, « Le Film français (1945-1958) »

Théorème23Co-direction, avec Laurent Creton et Kira Kitsopanidou, du volume collectif Le Film français (1945-1958): rôles, fonctions et identités d’une revue corporative (Théorème, n°23, Presses Sorbonne Nouvelle, mai 2015, 182 p.)

Avec des contributions de: Joël Augros, Emmanuelle Champomier, Laurent Creton, Claude Forest, Frédéric Gimello-Mesplomb, Pascal Laborderie, Pascal Legrand, Gwénaëlle Le Gras, Kira Kitsopanidou, Thomas Pillard et Guillaume Vernet.

Créée au lendemain de la Libération, la revue Le Film français se présente comme le « guide éclairé » de toutes les branches de l’industrie cinématographique. Principal relais des grands débats qui traversent alors le cinéma français, des Accords Blum-Byrnes à la « bataille de la qualité », et témoin privilégié des multiples évolutions que connaît le secteur dans l’après-guerre, elle offre à ses lecteurs quantité d’informations sur la filière qui lui valent d’être qualifiée de « bible du cinéma ».

La revue ne se réduit pas pour autant au seul rôle de baromètre du secteur mais s’installe progressivement au cœur de l’industrie française du film, tel un « agent de liaison », prenant part à sa professionnalisation et à son institutionnalisation. En peu de temps, Le Film français devient à la fois porte-voix institutionnel auprès du CNC, chambre d’écho des nouvelles tendances économiques au sein de l’industrie et organe de défense des intérêts de ses principales parties prenantes, notamment les exploitants.FFPathé

Fruit d’une recherche pluridisciplinaire menée dans le cadre du programme ANR Cinépop50, cet ouvrage interroge les fonctions de cette revue corporative au sein d’une industrie en voie de modernisation, en la considérant à la fois comme une source et comme un objet d’étude à part entière : de sa création à 1958, quel a été le rôle du « Journal officiel du cinéma français » ?

Parution: Studies in French Cinema 15:1

RSFCArticle sur « Cinéphilie populaire et usages sociaux du cinéma dans les années 1950: le courrier des lecteurs du Film complet« , dans Geneviève Sellier (dir.), Studies in French Cinema, vol. 15, n°1, « Le cinéma populaire et ses usages dans la France d’après-guerre », mars 2015, pp. 69-87.

Soucieux de dépasser l’assimilation de la cinéphilie à la « cinéphilie savante », cet article analyse la réception populaire du cinéma de consommation courante dans la France des années 1950, à travers l’étude de cas du courrier des lecteurs du Film complet. Ce choix est dicté par la volonté d’examiner la rubrique la plus populaire d’un des magazines de cinéma les plus lus de l’après-guerre, sous l’angle de la sociabilité qu’elle génère et des pratiques cinéphiliques dont elle témoigne. En examinant cet espace interactif comme un lieu de construction d’une expertise spectatorielle ordinaire, il devient en effet possible d’évaluer la capacité des lecteurs, et surtout des lectrices qui constituent le cœur de cible de la revue, à développer leurs propres critères d’évaluation de la qualité cinématographique. Après une présentation analytique de la rubrique, l’article interroge la dimension communautaire, nationale et féminine de « Côté cœur, côté jardin »: si la cinéphilie cultivée française est connue pour son américanophilie, sa dimension masculiniste et une sophistication intellectuelle confinant à l’élitisme, qu’en est-il à la même époque de la cinéphilie ordinaire, telle que les échanges des courriéristes du Film complet permettent d’en dresser les contours?

Communication au séminaire Kinétraces

1932328_468028259993145_1604168091_nCommunication sur « Quelles archives pour faire l’histoire d’un genre cinématographique? Le cas du film noir français (1946-1960) », au séminaire mensuel de Kinétraces (association de jeunes chercheurs en cinéma et audiovisuel), Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 4 février 2015.

Mettre en relation le film noir français d’après-guerre avec la France de 1946-1960 supposait de fonder notre recherche doctorale (2008-2013) sur le dépouillement et l’exploration systématique d’une grande variété de sources contextuelles et d’archives: il s’agissait de prendre en compte le « non-film » pour mieux comprendre le film, et de s’appuyer sur ce matériau pour enrichir, compléter et parfois nuancer les analyses. Cette communication tentera de déterminer l’apport des archives pour l’analyse des représentations, en présentant les trois grands types de documents d’époque consultés durant la préparation de notre thèse: les archives de production (en particulier le Fonds Crédit National de la Bifi), la presse populaire de cinéma (via des collections de magazines spécialisés à fort tirage comme Cinémonde et Ciné-Revue) et une multitude d’archives « contextuelles » (Archives Gallimard, ouvrages de la collection « Série Noire », courrier des lecteurs de Mystère Magazine, publications de la Centrale Catholique du cinéma, etc.).

Télécharger le programme du séminaire.

Parution: A Companion to Contemporary French Cinema

ART7- Couve CompanionChapitre d’ouvrage collectif sur « Between Tradition and Innovation : French Crime Films in the 2000s » (traduit par Alistair Fox), dans Alistair Fox, Michel Marie, Raphaëlle Moine & Hilary Radner (dir.), A Companion to Contemporary French Cinema, Chichester, Wiley-Blackwell,  2015, p. 256-274.

Since the beginning of the 2000s, the revitalization of the french crime film is embodied in three major trends: the rise of the American-style thriller, which appeared in the wake of The Crimson Rivers (Mathieu Kassovitz, 2000); the revival of “old-style” film noir, brought back to life by 36th Precinct (Olivier Marchal, 2004); and the flourishing of the social crime film, which became popular after the release of The Ax (Costa-Gavras, 2005). The aim of this chapter is to provide a perspective on these tendencies, and to analyze the 36-quai-des-orfevres-18-gdifferent ways in which they reconfigure a traditional (masculine) genre. Given the convergence of this temptation to imitate Hollywood, nostalgia for bygone cinematic forms, sociopolitical preoccupations, and anxiety about the role of men in postindustrial society, what do these “new crime films” of the 2000s reveal about the evolution of the cinematic landscape, masculine mindsets, and the state of affairs?

Commander l’ouvrage sur le site de John Wiley & Sons, Inc.