Colloque « Penser la photographie du film / Conceptualizing Motion Picture Photography »

Communication sur « Recréer la texture visuelle des Autochromes Lumière : enjeux esthétiques, dramaturgiques et mémoriels de la photographie de Bruno de Keyser pour Un dimanche à la campagne (Tavernier, 1984) », Colloque international « Penser la photographie du film / Conceptualizing Motion Picture Photography », Université Rennes 2 – 18-19 novembre 2021

Cette communication analysera la contribution du chef-opérateur Bruno de Keyzer au film Un dimanche à la campagne (1984) de Bertrand Tavernier, dont la photographie inspirée des Autochromes Lumière s’inscrit dans un dialogue plus vaste avec l’Histoire du xixe siècle, de ses inventions artistiques et techniques, au sein d’un récit situé en 1912. Dans un premier temps, nous détaillerons le procédé de « traitement sans blanchiment » utilisé pour obtenir un relief et une profondeur de champ extraordinaires, ayant à la fois pour effet de rompre avec les représentations impressionnistes de la « Belle Époque » et d’inscrire les personnages dans un espace fictionnel lyrique, dont le cadre réaliste se voit transfigurer par le travail d’interprétation des couleurs et de la texture visuelle. Dans un second temps, on observera la façon dont ce dispositif permet d’élaborer une mémoire filmique alternative de l’histoire de l’art et de la modernité, hantée par le spectre et l’oubli de la Première Guerre mondiale.

Parution: Théorème, n°32, « Dans l’intimité des publics: réceptions audiovisuelles et production de soi »

Co-direction aux Presses Sorbonne Nouvelle (avec Delphine Chedaleux et Myriam Juan) du numéro 32 de la revue Théorème, « Dans l’intimité des publics: réceptions audiovisuelles et production de soi »

Quoi de plus personnel, et en même temps inséparable de dynamiques collectives et sociales, que le choix de visionner un film en salle, l’envie de partager une expérience audiovisuelle et le fait d’en cultiver le souvenir, ou encore l’acte banal et routinier consistant à jouer chez soi à un jeu vidéo ? C’est à partir de ce constat paradoxal, ouvrant la voie à de multiples questions, que ce volume entend explorer dans une optique inter et pluridisciplinaire les usages et les appropriations intimes des images animées autour d’une variété d’études de cas, du cinéma muet jusqu’aux médias numériques sans oublier le rapport si particulier tissé avec le petit écran.

Ces contributions s’accompagnent de riches annexes, parmi lesquelles un cahier d’illustrations, un entretien avec Dominique Pasquier revenant sur les questions et difficultés méthodologiques relatives à l’étude de la réception et des publics, ainsi que la traduction par Delphine Chedaleux d’un chapitre jusqu’alors inédit en français de l’ouvrage pionnier de Janice Radway, Reading the Romance. Women, Patriarchy, and Popular Literature.

Parution: Temps Noir, n°22, « Les Tontons flingueurs »

Co-direction aux Editions Joseph K (avec Olivier Coquard, Bernard Franco, Olivier Frayssé, Bruno Péquignot et Catherine Rudent) d’un numéro spécial de la revue Temps Noir consacré aux Tontons flingueurs, dans le prolongement du colloque organisé en Sorbonne fin 2018

Ce numéro, qui fête à sa manière le centenaire de la naissance de Michel Audiard, propose, en première partie, une longue étude sur la préparation de ce film mythique, à partir de nombreuses archives inédites qui révèlent la façon dont le trio Audiard-Simonin- Lautner a conçu l’adaptation du roman noir Grisbi or not grisbi ainsi que les conditions mouvementées du tournage. Dans la seconde partie, une équipe de spécialistes dissèque, chacun dans son domaine, la spécificité des Tontons flingueurs en essayant de répondre aux questions qui concernent la place éminente et singulière que ce film occupe dans l’histoire de notre cinéma.

« La dernière livraison de Temps Noir consacrée au film culte de Georges Lautner comporte près d’une vingtaine d’essais qui sont autant d’approches variées. (…) On lit avec intérêt des réflexions sur l’histoire et la géopolitique dans le film, sur l’américanisation du monde, sur la musique des dialogues mais aussi la partition de Michel Magne, alors peu connu, et son recours à la musique concrète, sur la parodie qui fuit le naturalisme si cher au cinéma français, sur lacoproduction franco-italienne. Thomas Pillard, grand spécialiste du film criminel hexagonal, règle son compte à deux mythes: le film eut un vrai succès dès l’origine, et l’accueil de la presse fut globalement favorable, à l’exception d’Henry Chapier dans Combat ». (Michel Ciment, Positif).

« LES TONTONS FLINGUEURS (Temps Noir), somme définitive sur ce « classique » de Georges Lautner qui aura engendré plus de littérature, d’essais que CASQUE D’OR ou REMORQUES. Mais on y apprend cent mille choses, sur l’évolution du scénario, les différentes versions, les changements amenés par Lautner durant le tournage. C’est très amusant et définitif sur la question. » (Bertrand Tavernier, Dvdblog, 22 septembre 2020).

« Dans le genre, on ne fait pas mieux. Voici « Les Tontons Flingueurs », version anatomie comparée, corpus passé à la loupe, radiographie pointilleuse. Tout, dans ce superbe numéro de « Temps Noir », « la revue des littératures policières », est consacré au seul film régulièrement cité lors des dîners de copains, des banquets de mariage, des repas d’anciens combattants, des bouffes en famille, des déjeuners d’affaires, des agapes de francs-maçons, des casse-croûtes de chantier, des gueuletons de baptêmes, des festins d’inauguration, des soupers d’après-fêtes, des popotes de soldats, des ripailles de repris de justice et des repues de journalistes. » (Le Nouvel Observateur)

« Passionnant » (Ouest-France)

C’est du brutal !

Argot_du_film_"Les_tontons_flingueurs"_optimizedConférence « C’est du brutal ! La verve comique des Tontons flingueurs : du bon usage du langage pour célébrer une culture », à l’occasion de la sortie du volume « Les Tontons flingueurs: si c’est une oeuvre » (revue Temps Noir, n°22, Editions Joseph K) à la Bibliothèque des littératures policières (BiLiPo) de Paris, samedi 1er février 2020, 16h.

Parodie burlesque du film de gangsters tournée en 1963, Les Tontons flingueurs a acquis au fil du temps un statut culte, lié notamment à l’inventivité et à la pérennité d’un humour et de dialogues qui traversent les générations. Cette conférence  « façon puzzle » évoquera  la verve comique des Tontons, dont les bons mots et joutes oratoires deviennent source d’amusement mais aussi de spectacle, visant à impliquer le public dans une relation de connivence communautaire.

Dans un premier temps, on s’attachera à certaines des sources très variées à la base de l’écriture d’Audiard tout en soulignant la diversité des registres de langue et des styles de performance des interprètes qui font le sel du film. Dans un second temps, on analysera le sens des allusions culturelles et parodiques disséminées dans certaines répliques, où l’évocation de questions d’actualité se double de la célébration empanachée, transfigurée par une fantaisie débridée, d’une francité populaire et d’une mémoire culturelle commune.

 

Penser les revues de cinéma et audiovisuel aujourd’hui

0001[2019]  Intervention, en tant que représentant du comité éditorial de Genre en séries: cinéma, télévision, médias, à la Table ronde « Nouvelles questions de recherche dans les revues de cinéma et audiovisuel : comparaison internationale – 1989-2019 » animée par Laurent Creton avec Caetlin Benson-Alott (SCMS, Georgetown University), Paolo Noto (Université de Bologne), Angel Quintana (Université de Girona), Journée d’études « Penser les revues de cinéma et audiovisuel aujourd’hui. A l’occasion des 30 ans de Théorème », 16 décembre 2019

Articles parus en 2019

41BMnmg9V5L[2019] « Le revival 2.0 du giallo italien : analyse d’une situation cinéphilique transnationale », dans Mélanie Boissonneau et Laurent Jullier (dir.), Cinéphilies et sériephilies 2.0. Les nouvelles formes d’attachement aux images, Editions Peter Lang, 2019

Vague de films d’exploitation italiens des années 1960-1970 mêlant policier, horreur et érotisme, le giallo fédère sur Internet depuis le tournant des années 2000 et 2010 un ensemble de pratiques et de discours dont l’ampleur est sans commune mesure au regard de la place marginale que l’histoire du cinéma lui a attribuée. Je me propose ici d’approfondir l’analyse de ce « revival 2.0 », selon une approche pragmatique envisageant le genre au prisme des usages sociaux et cinéphiles qu’il suscite en ligne, et que les publics les plus fervents associent à une « contre-cinéphilie ». Je tenterai ainsi de décrire une situation cinéphilique ayant pour spécificité de s’inscrire dans une circulation entre plusieurs espaces et contextes de réception.

Consulter l’introduction (35 pages) et la table des matières du volume sur le site du LabEc ICCA.

Cinemaction-171-cinemargent[2019] « Crise économique et hommes en crise », dans Joël Augros (dir.), CinémAction, n°171, « CinémArgent« , Editions Charles-Corlet, septembre 2019

A partir de 4 films représentatifs de la prolifération de polars sociaux dans les années 2000, cet article s’attache à montrer comment « l’horreur économique » est mise en scène et s’articule à des enjeux de genre (gender) et de classe sociale. Des polars prolétariens à la figure du social killer, les films examinés mesurent l’incapacité des hommes à influer sur le pouvoir financier.

51JGtDixvpL._SX343_BO1,204,203,200_[2019] « Les « films racontés » du Film complet dans les années 1950: histoire culturelle et enjeux de genre », dans Mireille Brangé et Jean-Louis Jeannelle (dir.), Films à lire Des scénarios et des livres, Les Impressions Nouvelles, 2019

Notre article examine les novellisations en tant que source pour l’histoire culturelle des publics et de la réception, à partir de l’étude de cas des « films racontés » publiés dans Le Film complet dans les années 1950. Il est en effet possible d’étudier la production et les usages de ces textes médiatiques, en tant que pratiques éditoriales et cinéphiliques, en les mettant en relation avec les discours tenus sur eux dans le courrier des lecteurs du magazine, aussi bien par le journaliste chargé de modérer les échanges, qui est également un auteur de récits, que par les lecteur·rice·s.

index[2019] « The Patriarchal Figure in the 1950s French Gangster Film: Legendary Men from a Recent Past », dans George S. Larke-Walsh (dir.), A Companion to the Gangster Film, Wiley-Blackwell, 2019

A range of French gangster films appeared in the 1950s, initiated by Hands Off the Loot (Jacques Becker, 1954), and followed notably by Rififi (directed in 1955 by the American filmmaker Jules Dassin, during his exile in France) and Bob the Gambler (Jean‐Pierre Melville, 1956). Built around a present/past dichotomy, these films have the crucial specificity of making their protagonists grapple with three distinctive temporal layers: prewar France (of which they are presented as the last representatives), the German occupa-tion (from which they carry the scars in several respects), and the contemporary modernity (with which they are inevitably confronted). This chapter will focus on the connections between the 1930s and the 1950s and discuss what it reveals about the evolution of the genre and its sociohistorical significations.

Téléchargez le flyer de présentation de l’éditeur

Parution: Le Quai des brumes, de Marcel Carné

_couv QuaidesBrumesOuvrage  sur Le Quai des brumes (Marcel Carné, 1938) publié dans la collection « Contrechamp » des Editions Vendémiaire, 144 p.

Dans les rues embrumées du Havre industriel, Jean, déserteur de la Coloniale, erre en compagnie de son mal-être. Sa rencontre avec la belle Nelly, dans une cabane isolée aux allures de décor fantomatique, précipite son destin tragique. Adaptation d’un roman de Pierre Mac Orlan, témoin des angoisses de l’avant-guerre, classique du film noir, Le Quai des brumes, réalisé en 1938 par Marcel Carné et scénarisé par Jacques Prévert, est une oeuvre mythique du cinéma français. Un film à la beauté sombre et envoûtante, porté par des interprètes de légende : Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon et Pierre Brasseur.
En s’appuyant notamment sur une analyse inédite des différentes versions du scénario comme de la correspondance de Carné et Prévert, cet ouvrage apporte un nouvel éclairage sur la réalisation à flux tendu, la richesse et les complexités esthétiques, sociales et politiques de ce film au succès inattendu, qui troubla la censure autant qu’il divisa la critique.

Téléchargez le communiqué de presse.

Série « Air France aime le cinéma » – La renaissance, 1945-1958

aux yeux du souvenirEcriture, conception et direction scientifique du film « La renaissance (1945-1958) », premier volet de la série documentaire « Air France aime le cinéma » produite par l’agence audiovisuelle d’Air France, actuellement diffusé à bord sur les vols longs courriers et librement accessible en ligne sur le portail « Air France – La saga ».

Depuis sa création en 1933 à nos jours, Air France a tissé des liens étroits avec le cinéma, en apparaissant à l’écran dans de très nombreux films de fiction. Dans le cadre d’une série documentaire en 4 volets, le premier épisode diffusé concerne une période de reconstruction puis de modernisation décisive pour Air France comme pour le cinéma français et la France contemporaine. Embarquez à bord des avions de la compagnie avec les grandes stars de l’époque pour un récit passionnant, mêlant glamour et histoire.

Colloque international « Le costume sur un plateau »

0001Communication sur « Donner corps à l’histoire: les « personnages costumés » d’Yvonne Sassinot de Nesle dans Un dimanche à la campagne (1984) de Bertrand Tavernier », Colloque international « Le costume sur un plateau » organisé par l’UFR Arts & Médias de la Sorbonne Nouvelle, 12-13 mars 2019

Peu étudiée, la conception des costumes est pourtant une étape clé de la création cinématographique, adossée à l’écriture du scénario et au jeu des interprètes tout en participant à l’esthétique et au sens des films, surtout s’ils se situent dans le passé ou au croisement d’autres arts tels que la peinture. Je problématiserai ici ces idées à partir d’une étude de cas et d’un film dialoguant avec l’histoire de l’art et du XIXe siècle : Un dimanche à la campagne réalisé en 1984 par Bertrand Tavernier, qui a co-écrit avec Colo Tavernier le scénario d’après un roman de Pierre Bost. Je m’intéresserai en effet à l’apport de la costumière Yvonnes Sassinot de Nesle, dont j’ai étudié les maquettes préparatoires à l’Institut Lumière de Lyon, à cette œuvre située dans le Vexin en 1912. Plus complexe qu’il n’y paraît, le récit relate une journée d’automne dans la vie de M. Ladmiral, un vieux peintre « passé à côté de l’impressionnisme », dont le costume noir semble incarner à ce titre l’attachement à une manière picturale « traditionnelle », et qui reçoit la visite de son fils et de sa belle fille. La monotonie de ce dimanche àla campagne sont bouleversées par l’arrivée impromptue de la fille de M. Ladmiral, Irène (Sabine Azéma), présentée comme « moderne » par son rapport à la technologie, son mode de vie, ses gouts artistiques et vestimentaires. Après une présentation de la méthode de travail de la costumière pour créer ses personnages costumés, j’étudierai son travail pour Un dimanche en cherchant à interroger la place ainsi que les fonctions du costume dans le « voyage dans le temps » conçu par Tavernier.

Télécharger le programme du colloque en PDF.